youtube downloader

Marc Steckar nous a quitté

29 juin 2015
par
Disparition le 27 juin de notre ami Marc Steckar dont le 80è anniversaire avait été fêté lors du TubaShow à Paris il y a seulement quelques jours.
Ce grand musicien était un immense créateur de musique(s) reconnu par tous les fidèles des cuivres et du jazz confondus…
Tristesse intense, mêlée des souvenirs merveilleux de ces éclats de rires avec les artistes du Tubapack…Au revoir Marc !
 *
Les obsèques auront lieu  jeudi 2 juillet à 15h à Bessancourt (église).
*
Image de prévisualisation YouTube
Trois extraits bout à bout du documentaire de 52 minutes sur Marc Steckar et le Steckar Tubapack.
Au fil de l’eau, ce documentaire dessine le portrait dun homme, Marc Steckar,
habité par la musique depuis toujours. Il a élu domicile dans le jazz depuis 40
ans. Musicien virtuose, il collabore avec les plus grands musiciens du jazz

Biographie

Études

Son premier instrument est le violoncelle, qu’il débute à l’âge de huit ans. Ensuite il travaille la trompette avec Maître Sabarich en tant qu’auditeur de la classe du Conservatoire national supérieur de musique de Paris pendant trois ans, en compagnie de Maurice André. En 1953, il quitte la trompette pour le trombone et entre au CNSM dans la classe de Maître Lafosse en 1956.

À partir de 1957, il fait une pause dans ses études musicales à cause de la guerre d’Algérie. À son retour en 1959, il obtient un second prix de trombone.

De 1959 à 1970 : le trombone

Il joue alors dans les orchestres suivants :

En 1964, il joue six mois au Moulin Rouge et enregistre pour Michel Legrand, Vladimir Cosma et de nombreuses vedettes de la chanson française.

On a pu également le voir à la télévision :

En 1968, il effectue un tour du monde avec Charles Aznavour.

De 1970 à 1981 : le tuba

En 1970, tout en jouant du trombone au Casino de Paris dans les revues de Roland Petit avec Zizi Jeanmaire, il apprend en autodidacte le tuba, instrument dont il est devenu l’un des meilleurs spécialistes. Il commencera ensuite à enregistrer de plus en plus au tuba ainsi qu’au trombone basse. De 1973 à 1983, il accompagne Claude Nougaro avec Eddie Louis, Maurice Vander et Richard Galliano et participe au Big Band de Martial Solal.

Marc Steckar a enregistré plus de 20 disques autour du tuba et a joué dans tous les grands festivals de Jazz.

De 1991 à 2003 : l’euphonium

En 1981, il forme le Steckar Tubapack, groupe avec lequel il jouera jusqu’en décembre 2003. Le groupe est composé de 2 petits Tubas (1 euphonium et 1 saxhorn basse, 2 tubas (basse en Fa contrebasse en Bb) et batterie. Le Steckar Tubapack aura également l’occasion de jouer avec Michel Portal et au Festival de Jazz de Jakarta (Indonésie) en 1988. On a pu retrouver le Steckar Tubapack en 1992 lors de la création « 92 à Tout Vent » sous l’Arche de la Défense où ils ont joué avec 2500 musiciens d’harmonie (commande du ministère de la Culture). L’ensemble va jouer avec quelques-uns des meilleurs tubistes français : Michel Godard, Didier Havet, Christian Jous, Daniel Landreat, Philippe Legris et François Thuillier.

En 1984, il forme « Elephant Tuba Horde« , big band composé d’euphoniums, de saxhorns et de tubas.

On a pu le voir dans le film La Tubapassion de 52 minutes en 2001, qui a été réalisé par la chaîne de télévision Muzzik (Mezzo).

Le 9 août 2003, il a joué avec le Lorient Celting Pot avec euphoniums, tubas, cuivres, bagad et percussions.

Après avoir été multi instrumentiste, Marc s’est fixé ces dernières quelques années sur l’euphonium.

Compositions

À partir de 1990, et jusqu’à présent, il se consacre à l’écriture :

  • compositions mélangeant euphoniums et tubas à des chœurs, des orchestres d’harmonie, big band, batterie fanfare, bagad Breton.
  • écriture de concertos pour euphonium, tuba, trombone, trompette, trombone basse, quatuor de trombones, quatuor de clarinettes, quintette de trompettes, toujours accompagnés par un orchestre d’harmonie.
  • Euphonie, un de ses concertos pour euphonium a été créé pour Ivan Milhiet en 1984 avec l’Orchestre d’Harmonie du Havre.
  • Celtophonie en 1994 pour le Festival interceltique de Lorient avec Tubapack, ensemble de cuivres et bagad de Quimperlé. Concert, film et CD : Celtophonie et Bagadapack.
  • Feezzy au village fanfare, conte musical pour voix d’enfants et fanfare ou « Tony Tuba » pour voix d’enfants, tubas et percussions dont les livrets sont signés Jean-Claude Decalonne.
  • Inspiration, Jubilation, et Récréation, pièce en trois mouvements pour trombone et harmonie créée par Michel Becquet à Tokyo.

La plupart de ces œuvres sont éditées par Feeling Musique, Paris

En consécration à ses talents de compositeur, une de ses œuvres pour cuivres et percussions Entretemps est créée à l’Opéra Bastille, puis rejouée en février 2011 à l’Opéra Garnier (Paris).

Image de prévisualisation YouTube

Conte musical pour voix d’enfants et batterie fanfare. Musique Marc Steckar, texte et paroles de Jean-Claude Decalonne.

Concert le 13 mai 2014 à la maison de la musique de Nanterre.

Il finalise un projet ambitieux et fédérateur fruit d’un partenariat de l’Éducation Nationale avec la ville de Nanterre et la Musique de la Police Nationale.

Récompenses et hommages

  • En 1982, il obtient le prix Boris Vian avec le Steckar Tubapack, décerné par l’Académie de Jazz.
  • En 1999, il obtient un prix de la composition de la SACEM : prix Pierre et Germaine Labole. C’est pour son activité débordante, généreuse et génératrice d’un renouvellement opportun et juste d’un répertoire attachant et mal connu que la Sacem a souhaité remercier Marc Steckar en lui attribuant ce prix.

Compte tenu de l’apport de Marc Steckar au tuba, plusieurs hommages lui ont été rendus, notamment :

  • Tuba Show : en 2005 en l’honneur de ses 70 ans, cette soirée a rassemblé une centaine de tubistes de styles différents au Conservatoire National de Musique (Paris)

Celtophonie / Bagadapack

Discographie

  • 1981 : Tubapack (Jam)
  • 1981 : Kantation (Disques JAM ) avec Bernard Arcadio
  • 1984 : Endless Staircase (CREAM Records) avec Bernard Arcadio, Alain Lecointe, Mokhtar Samba
  • 1987 : Elephant Tuba Horde (IDA Records)
  • 1988 : Steckar Trinity (Magazine Record)1
  • 1989 : Tubakoustic (IDA Records)2
  • 1993 : Packwork : Music For Symphonic Band (Big Blue Records)
  • 1994 : Packwork (Big Blue Records)
  • 1996 : TubaleÏdoscope (Feeling Musique, Night & Day)
  • 2000 : Celtophonie Et Bagadapack (Night & Day)
  • 2008 : Tuba international (BIM)
  • 2008 : Music for Bass Trombone and Wind Band (Naxos)
+d’infos: Marc Steckar dans wikipédia

marc steckar, un musicien mukti-instrumentiste et spécialiste du tuba qui nous quitte en ce mois de juin 2015

 

 

N'hésitez pas à partager !

Tags: , , , , , , , , ,

2 Réponses à Marc Steckar nous a quitté

  1. renaud dupupet
    5 juillet 2015 at 20 h 21 min

    Une interview de Marc Steckar parue dans l’Echo du Tuba N°4 en 1990 – propos recueillis par Patrick Robert (un journal édité par l’Internationale des Amis du tuba, une association animée notamment par Patrick Maurin).
    L’Internationale des Amis du Tuba (I.D.A.T.) : Marc Steckar, je pense que personne ne se vexera si je vous présente comme le tubiste français le plus populaire. Pouvez-vous nous raconte votre histoire musicale en général et tubistique en particulier.
    Marc Steckar : J’ai débuté la musique à huit ans avec le violoncelle (mon père voulait faire de moi un musicien classique) mais je louchais constamment sur sa trompette, que je prenais dès qu’il sortait. Vers l’age de quinze/ seize ans, je débutais la trompette avec mon père qui jouait à l’époque à Radio Toulouse. Puis je montais à Paris pour travailler avec Maître Sabarich. Je faisais de gros progrès avec lui tout en m’apercevant que les petites embouchures ne sont pas vraiment faites pour moi. Je suis auditeur dans sa classe et je tremble chaque fois que jouent Maurice André (18 ans), Jeanoutot, Coiffe, Lagorce etc…
    Après trois ans d’études avec Maître Sabarich (l’homme le pus impressionnant que j’ai rencontré !) je passais au trombone avec Maître Masson, deux ans après je rentre à la classe de Maître Lafosse. Etant militaire, en même temps je pars en Algérie et tout est fichu pour ma scolarité. Revenu d’Algérie, après un an sans jouer, la forme est au plus bas et je quitte le conservatoire avec un deuxième prix.
    Je débute donc ma vie de musicien dans la variété tendance jazz dans le big band de Benny Bennet (super orchestre de jazz et salsa). Le premier trompette était Pierre Thibault, le soliste Yvan Jullien, le premier Saxo Michel Portal…
    Puis je suis engagé chez Aimé Barelli à Monte-Carlo à côté de Michel Paquinet. Puis je reviens à paris ; c’est l’avènement du microssilllon nous travaillons tous les jours en studio.
    Ce n’est qu’en 1970 que Roger Guérin me suggère de jouer du Tuba : « Tu connais les grosses embouchures et les doigtés de la trompette, tu devrais aller très vite. » Il pensait juste car je fais de suite partie du Big Band d’Yvan Jullien, et je commence à faire beaucoup d’enregistrements, surtout qu’à l’époque, à part Daniel Landreat les tubistes ignoraient le jazz, seul Raymond Fonseque jouait du sousaphone.
    I.D.A.T : Quel plus vous apporte le Tuba par rapport au phrasé du trombone ?
    M.S. : Par rapport au phrasé du trombone, le Tuba m’apporte d’abord le plaisir d’avoir des pistons à ma disposition et cela correspond mieux à mon phrasé que la coulisse et ensuite, je trouve la colonne d’air plus pratique et plus maniable.
    I.D.A.T. : Pensez vous que l’avenir du Tuba passe nécessairement par le jazz ?
    M.S. : Non pas nécessairement, mais c’est un plus non négligeable et une manière de a faire connaître d’avantage.
    I.D.A.T. : Quels sont vos maîtres en matière de musique et d’inspiration ?
    M.S. : En classique : Ravel, Stravinsky ; l’école russe et le groupe des cinq.
    I.D.A.T. : Pouvez vous nous raconter l’histoire du TUBAPACK et nous dire dans quel sens vous envisagez son évolution, avez-vous beaucoup de projets en perspective, et pouvez vous en dévoiler quelques uns ?
    M.S. : TUBAPACK a débuté fin 1980 avec Daniel Landréat, Michel Godard, Christian Jous et moi. J’ai aussitôt ajouté Alain Bouchaux aux percussions et batterie. Cinq ans après Philippe Legris replaçait Michel Godard, Ramon Lopez remplaçait Aain Bouchaux et j’ajoutais Franck Steckar (mon fils) au piano et steel drum (Franck composait déjà pour le groupe depuis le début).
    Le Tubapack était plus expérimental au début, je pense et j’ai l’intention de la populariser de plus en plus. Par contre les nouvelles expériences continuent en rencontrant des Big-Bands amateurs et des orchestres d’harmonie ainsi que des chorales.
    Le 3 juin à Dijon nous avons créé une « suite de 45 minutes », écrite par Franck et par moi, pour quatre Big-Bands et Tubapack ; cette suite sera rejoué six fois cet hiver à deux bigs-bands et Tubapack, notamment à Châlon, Nevers et Auxerre. J’invite les bigs-bands désireux de jouer cette musique à me contacter.
    Pour musique d’harmonie nous allons créer une œuvre le 10 juillet au Havre dans le cadre d’un festival international de musique d’harmonie. Nous ferons également une création le 225 novembre avec l’harmonie de Cherbourg, t l’année prochaine à Châteauroux. Là aussi, « avis aux amateurs ! Nous sommes prêts ! ».
    I.D.A.T. : Avez-vous d’autres projets avec Elephant Tuba Horde ?
    M.S. : Oui, des festivals en Allemagne, notamment le 11 octobre près de Cologne (nous venons de jouer près de Munich avec le Tubapack). Nous clôturerons le rassemblement national des bigs-bands en juillet 91 à Dijon.
    I.D.A.T : Y aura-t-il une réimpression des premiers disques du Tubapack en CD ?
    M.S. : Non le dernier nous plait trop !
    I.D.A.T. : Avez vous fait éditer vos morceaux ?
    M.S. : non
    I.D.A.T. : Je terminerais cette interview par une question susceptible d’intéresser les puristes, quelles embouchures jouez vous ?
    M.S. : Euphonium : l’embouchure de trombone Courtois modèle Becquet (M). Au sousaphone, une Conn N°2, au contre-tuba en ut une Dennis Wick N°3, au trombone ténor : Courtois modèle Becquet (M), au trombone basse, la 59 Schilke ou Bach 1 et demi G.

  2. Faidherbe Daniel
    11 août 2015 at 9 h 29 min

    J’ai souvent croise Marc avec j’ai joué dans de nombreux studios, émissions de télé etc…
    Marc était un homme délicieux double d’une gentillesse remarquable, il était mon ami de metier

Archives